Ashirayu Kôma Autumn's Queen

 Age : 17 Inscrit le : 14 Fév 2008 Messages : 197 I'm : not there. Job : Faiseuse d'illusions. Humeur : Il faut goûter pour apprécier. Carte ID Relations: Dortoir: 3. Quoique. J'y suis pas.
 | Sujet: J'ai rien trouvé de mieux. [PV Mika.] Sam 28 Juin - 21:35 | |
| Un mensonge est un saut du haut du toit.
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Il était tard, il faisait froid, mais que faisait-elle donc là? Quelle sorte d'éclair foudroyant était passé par sa tête écervelée pour qu'elle se retrouve, là, sur le toit, perdue et frissonnante? C'était un de ces soirs où Ashirayu Kôma détestait par dessus tout ses lubies et ses folies. Il était tard, il faisait froid, et elle n'avait qu'une envie: disparaître. Pourtant, cette journée avait été normale. Une journée comme les autres, un peu plus fatigante peut-être à cause de ce grand soleil qui n'avait cessé de rayonner, comme pour la narguer, pour lui faire comprendre qu'il n'était pas question que tout aille mal, en chœur avec son cœur saignant et meurtri. Non. C'était l'été, alors il fallait en profiter, non? Les filles au dehors portaient toutes jupes & robes bien coupées, à la mode, même les Gothiques avaient du style. Toute la journée elle s'était traînée entre des gens heureux et des gens heureux, ça lui avait encore plus sappé le moral et maintenant, elle était plus que déprimée. On était en juin, non. Elle aurait dû s'exhiber dans les métros, les gares, les bars, sa guitare à la main et sa voix éraillée pour seule arme, mais elle n'en avait pas le courage. Ca faisait pourtant un an, elle aurait dû s'en remettre…
Et il était tard, il faisait froid. Le vent était juste assez fort pour jouer dans les cheveux d'ébène d'Ashtray et pourtant pas assez violent pour l'emmener, loin, sur une autre planète où les souvenirs et la douleur n'existeraient pas. Il n'y avait aucune étoile, la lune était absente, c'était une nuit plutôt étrange. Et Ashtray venait juste de débouler sur la plateforme du toit, pieds nus, les cheveux en bataille et l'air hagard, une cigarette à la main. Pourquoi? Pourquoi… le toit? Elle baissa les yeux et fusilla du regard ses jambes qui la menaient partout sauf là où elle voulait être: nulle part. Six pieds sous terre? Elle pensait que squatter le toit la rendrait plus sûre d'elle, comme si elle avait un certain pouvoir sur le monde, quinze mètres en hauteur. En fait, elle avait peur. Ashirayu Kôma l'Intrépide avait peur. Elle secoua la tête comme pour démentir ses propres pensées et s'approcha du bord. Dieu que c'était haut. Ashi recula prestement et s'adossa au mur qui contenait les escaliers. Elle avait le vertige, mal à la tête, envie de pleurer, et ne savait toujours pas ce qu'elle était venue faire à quinze mètres d'altitude par une froide nuit de juin. Oublier…? Non. On n'oublie pas en ayant peur. La jeune Punk écrasa le mégot de sa Gitane avec le bout de son pied, insensible à la brûlure qui se lui transperça la plante, et s'étira longuement. Se détendre, c'était peut-être ce qu'il fallait. Mais la tension ne baissait pas vraiment et de longues minutes s'écoulèrent dans le silence le plus complet, l'appréhension tellement présente dans l'air qu'elle en devenait presque palpable. Pourvu que personne n'aie la mauvaise idée de passer par le toit à cet instant…
Ashirayu glissa lentement le long du mur et passa ses bras autour de ses genoux. Non, elle ne devait pas se laisser aller…! Une espèce de longue mélopée se mit soudain à résonner dans sa tête tandis qu'elle fredonnait avec effroi les paroles de cette chanson. Jimmy, oh won't you please come home? Non. Il ne reviendrait pas… La lune fit une brusque apparition, recouvrant le toit de sa lueur blafarde mais Ashi ne leva pas le regard. Ses yeux brûlaient et quand elle les ferma, pensant les reposer, les larmes se mirent soudain à couler. Les restes de son maquillage se firent la malle ni une ni deux, laissant de longues traces noirâtres sur ses joues pâles. Elle se releva subitement et s'approcha du bord du toit, sans arrière pensée. Elle se plaça sur le côté et utilisa les quelques centimètres qui la séparaient du vide comme une bordure. Les deux bras perpendiculaires à son corps, tentative enfantine pour garder son équilibre, elle avançait, doucement, un pas à la fois, les larmes roulant toujours le long de ses joues. Elle priait pour que personne n'arrive et ne la précipite dans le néant. Elle n'avait pas besoin de mourir. Il lui manquait tellement déjà, sans ça… _________________
Lie, lie, lie. |
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